Séance du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis – Jeudi 29 juin 2017 à 9H00 – Intervention de Frédérique DENIS, Présidente du groupe EELV

Frédérique DENIS ouvre la discussion sur le « Plan d’action pour la transition écologique 2017-2020 » du Département :

Comité de pilotage COP21 maintenu au-delà de l’événement, labellisation Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte, plan des mobilités durables, programme « À vos parcs ! », équipements départementaux en excellence environnementale, telle la crèche du Parc de la Bergère, démonstrateurs d’économie solidaire et circulaire… Ce n’est pas une liste exhaustive, mais les exemples ne manquent pas pour témoigner de l’engagement du Département pour la transition écologique.

La COP 21 a probablement accéléré la prise de conscience : il y aura un rôle déterminant à jouer pour les collectivités, à côté de celui des États et des entreprises. Un rôle d’exemple, de fédération des initiatives, individuelles ou collectives, d’impulsion pour la transformation des politiques publiques. Notre département est un département emblématique : par sa sociologie, les classes populaires et moyennes sont plus touchées parce qu’elles ont moins d’accès aux soins et qu’elles sont plus vulnérables. C’est un département emblématique parce que la concentration urbaine et démographique sont des circonstances particulièrement aggravantes d’une situation déjà fort dégradée, : plus d’ îlots de chaleur, plus de nuisances sonores, plus de surconsommation des ressources et plus de gaz à effet de serre. C’est un département emblématique parce que délaissé des grandes  politiques publiques d’aménagement : des transports en commun insuffisants au profit du tout voiture, des équipements vieillissants, base logistique de la métropole parisienne d’où pollution et addiction aux énergies carbonées. Mais aussi des atouts : jeunesse, renouvellement urbain, bouillonnement associatif et collaboratif, innovation technique ou technologique et expérimentation sociale. Territoire en mutation, résolument tourné vers l’avenir. Saisir la transition écologique comme un formidable vecteur d’aménagement et de développement du territoire, comme un démultiplicateur d’intelligence collective, comme un booster d’activité tout en réduisant les inégalités sociales et territoriales.

Faire sens, donner de la force et de la cohérence aux actions déjà menées en les inscrivant dans un programme, un plan structuré. Mieux : co-élaborer et mettre en place des mécanismes d’intervention cohérents et convergents.

Nous élues écologistes, sommes heureuses de voir retenues certaines de nos propositions, tant pour les actions que pour la méthode : pour un Département qui place le Développement durable au cœur de ses politiques publiques.

Nous nous réjouissons des 36 actions réparties selon 3 axes : la mobilisation des acteurs et des habitants, l’exemplarité de nos pratiques, un développement urbain et économique soutenable et profitable à tous. La transition écologique est un objectif  général dont l’urgence ne se discute plus et dont l’importance ne se négocie pas. En Seine-Saint-Denis, principalement 2 enjeux immédiats. Le premier concerne la nature en ville et de façon plus générale la qualité de notre environnement (biodiversité par exemple) pour la santé de toutes et tous. Le second concerne les mutations dues aux grands chantiers de renouvellement urbain et l’emploi dans notre département. Cela ouvre le plan à une dimension nouvelle, plus axée sur l’innovation pour une véritable transition au service des Sequano-dyonisiens. Pour que ce ne soit pas une affaire de « bobos », dans nos villes : des transformations pour tous, avec tous, accessibles à tous.

Un changement de modèle. Une élaboration de ce plan significative : vraiment transversale, après contribution des différentes directions, après concertation de toutes les parties prenantes : comité de pilotage des élus, comité de pilotage des partenaires de la COP 21 avec de nombreuses associations. L’objectif, c’est celui d’une gouvernance locale de la transition écologique au plus près des acteurs.

Des actions stratégiques : dénouer les entraves au changement, faire levier, ou déployer des solutions déjà éprouvées localement, ou expérimenter des dispositifs innovants afin d’évaluer leur potentiel. Tous les domaines de compétences du Département comme institution, tous les champs d’activité du Département comme territoire sont concernés, de l’éducation au traitement des déchets en passant par la construction, les transports, l’alimentation, l’habitat ou l’énergie – la liste n’est pas exhaustive.

Les actions ne sont pas toutes nouvelles. Cependant cette façon de concevoir maintenant l’intervention du Département et l’ampleur de l’engagement dans le processus de la transition changent significativement la donne. Elles la changent politiquement, elles la changent concrètement, avec des effets d’entraînement et d’accélération déjà manifestes : je n’en prendrai pour exemple que l’accompagnement technique et financier par l’ADEME en cours de préparation ou encore les conventions avec les Alec – c’est une prochaine délibération, sur la quelle je ne reviendrai pas et j’en profite ici pour dire combien nous nous en félicitons : ce sera là un partenariat vite fécond et qui a son tour permettra de lever de nouveaux verrous. Nous participerons à toutes les instances de co-élaboration, nous apporterons toute notre vigilance à sa réalisation effective, et à  l’évaluation de son efficacité. La Seine-Saint-Denis a tous les atouts pour devenir un département pilote en matière de lutte contre le réchauffement climatique, en matière de Développement durable, en matière de résilience. J’ai peu parlé d’insertion et d’emploi – ce sera l’un des axes majeurs de ce plan – je laisserai donc la parole à Nadège Grosbois, élue de notre groupe politique, vice-présidente dont la délégation porte ces problématiques et qui en parlera mieux que moi.

Frédérique DENIS pour le groupe EELV

 

 

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