Des moyens à la hauteur pour un choc de transformation urbaine et sociale en Seine-Saint-Denis !

Tribune d’appel à mobilisation d’élus du 93

Alors que le Ministre de la ville et la Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville se félicitent du vote par l’Assemblée nationale d’un budget qui passe de 496 à 457 millions dont 338 millions de crédits d’intervention pour les quartiers dits prioritaires en 2015 ;

alors que l’annonce des listes finales de ces futurs quartiers de la politique de la ville et de ceux qui bénéficieront d’un programme de rénovation urbaine de 2ème génération ne cesse d’être repoussée ;

alors même que les inégalités territoriales n’attendent pas pour se creuser et que les dispositifs qui visent à les réduire devraient s’amplifier ;

nous, élus de Seine Saint Denis, voulons alerter et mobiliser sur la nécessité absolue pour nos territoires de bénéficier d’un véritable choc de transformation urbaine et sociale, susceptible d’inverser durablement les tendances.

On ne pourra pas se contenter d’un maintien des crédits jusqu’alors affectés sur le département alors même qu’un rapport de la cour des comptes de 2012 alertait sur les disparités incohérentes des moyens dédiés aux quartiers prioritaires en Ile de France (31 euros en moyenne par habitant en quartier prioritaire en Seine Saint Denis contre 70 euros dans les Yvelines par exemple).

35 % des franciliens habitant un territoire en difficulté vivent en Seine-Saint-Denis et 56 % des séquano-dyonisiens habitent dans un territoire en difficulté.

Ces chiffres sont d’autant plus élevés que ce département ne concentre que 13 % de

la population régionale totale.

La Seine-Saint-Denis se trouve dans une situation atypique, spécifique et plus qu’alarmante en Ile-de-France car aucun autre département ne comporte une telle présence de quartiers à bas revenus. Le Val d’Oise arrive en 2ème position, loin derrière, avec « seulement » 8 % d’habitants résidant dans un territoire en difficulté.

Si on ajoute les taux de chômage, de logements sociaux, de bénéficiaires du RSA, de jeunes déscolarisés…nettement plus élevés que la moyenne francilienne et française, ces constats mettent en évidence les nécessaires efforts de péréquation financière au

niveau régional et l’impératif de moyens à la hauteur des besoins et des espoirs des habitants que la loi entend pourtant associer largement à l’élaboration des nouveaux dispositifs avec la création des conseils citoyens.

Comment et pourquoi les acteurs associatifs, habitants, professionnels… tous porteurs d’idées, d’actions, de solidarités…se mobiliseraient-ils si ils sentent qu’une fois de plus de belles intentions venues d’en haut sont incapables de transformer leur cadre et leurs conditions de vie ?

Comment ne pas générer frustations, colères et désespoirs si on continue dans les diagnostics permanents et dans l’écriture de longs documents aux volets stratégiques et opérationnels ambitieux mais inapplicables ?

Parce que les conditions d’un réel choc de transformation peuvent et doivent être réunies, mobilisons-nous !

Mobilisons-nous pour obtenir enfin les engagements nécessaires à l’action de toutes les forces vives de nos territoires !

Pour signer cette tribune, adressez votre message à :

Muriel Casalaspro (adjointe à la politique de la ville et au développement territorial de Montreuil)

Groupe des élus écologistes et citoyens de Montreuil

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